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Projet Une femme, une histoire

Cinq femmes Noisiéliennes se révèlent et se racontent au fil des mois. Retrouvez leurs témoignages ici !

Dans le cadre de la délégation municipale dédiée aux droits des femmes, la Ville construit un projet participatif inédit. Il est mené par Ariane Bourrelier, comédienne, vidéaste et réalisatrice de documentaires ; ancienne directrice de la MJC de Noisiel de 2001 à 2007.

Il s’articule autour de témoignages de cinq femmes issues de divers quartiers de la commune, de générations et cultures différentes. Ces portraits de Noisiéliennes vont être diffusés sur cette page, au rythme de un par mois à partir de novembre 2018. N’hésitez pas à les découvrir au fur et à mesure de leur publication !

Le projet se terminera par un temps fort début mars, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Cet événement rassemblera une projection des portraits des cinq femmes évoquées précédemment, une exposition les présentant et une restitution théâtrale des témoignages collectés. Ces éléments amèneront les habitants à débattre sur les enjeux des droits des femmes pour bien vivre ensemble à Noisiel.

Portrait de Ginette (mois de novembre)

"Mes parents travaillaient pour les Menier. Ils sont arrivés à Noisiel dans une maison ouvrière, en 1925. Les femmes avaient beaucoup de travail, en particulier en période de guerre. Il fallait tenir la maison, laver le linge, coudre, mais aussi cultiver le jardin pour essayer de récolter quelque chose et faire face aux privations. Nous n’avions pas d’électroménager ni même encore l’eau courante ! Toutes les mamans devaient également aller travailler à l’usine. Elles n’avaient pas le choix.
À la sortie de la guerre, les femmes ont enfin obtenu le droit de vote. Il était temps ! Ma mère qui avait 48 ans en 1945, est allée voter pour la première fois. Toute contente, elle nous a ensuite amenés boire une limonade au café, avec toutes les autres femmes.
Je suis allée à l’école jusque mes 14 ans. J’aurais aimé faire des études beaucoup plus longues. Après, j’ai suivi des cours complémentaires pour devenir sténodactylo. J’ai passé les concours et je suis entrée dans l’administration.
J’ai rencontré mon mari à un bal du premier de l’an, aux anciens réfectoires. Au bout de quelques années, il a dirigé une petite entreprise. Le soir, je lui disais : « Tu as commandé toute la journée, maintenant, c’est mon tour. » Cela le faisait rire : « Mais oui, brandis-le ton drapeau de la femme libre ! ».
Dès que nous avons pu, nous avons acheté un réfrigérateur et une machine à laver. Ma mère disait toujours que la plus belle invention pour la femme, était la machine à laver ! Elle ne parlait pourtant jamais de ses conditions de vie et de travail. Elle était trop occupée pour cela. Il y a eu beaucoup d’évolutions : la liberté de geste, de parole, de faire ce qu’on a envie, sans être chapeautée. Je n’aurais pas supportée d’être chapeautée.
Étant enfant, j’étais contente d’être une fille, et puis, arrivée à mon âge, je me dis que, malgré les évolutions, les hommes travaillent beaucoup moins que les femmes. Donc il vaut mieux naître Homme. Les mamans devraient éduquer les garçons et les filles à faire les mêmes tâches. Cela permettrait à la femme de véritablement s’émanciper."

Crédit photo : Sonia Blin