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Une femme, une histoire : Aminata

Cinq femmes Noisiéliennes se révèlent et se racontent au fil des mois. Retrouvez le témoignage d’Aminata ici !

Portait d’Aminata (mois de février 2019)

" Je suis née en 1986. J’ai passé mes premières années dans le 19e, dans un logement insalubre. Un jour, vers cinq heures du matin, la police est venue toquer à toutes les portes pour qu’on s’en aille. C’était choquant. J’avais juste ma couverture sur moi. On nous a conduits dans un centre d’hébergement.
Nous avons été à droite, à gauche, puis, en 1992, sur le campement des Maliens de Vincennes. C’était très difficile, mais on s’amusait entre enfants. L’école était notre échappatoire. Par pudeur, nous cachions aux autres enfants nos conditions de vie.
Lorsque j’avais 8 ans, mes parents ont enfin obtenu un logement dans le 14e. La première nuit, nous avons eu peur car notre chambre était immense. Il fallait s’adapter à l’appartement et au quartier. Il fallait mettre le passé derrière nous et aller de l’avant.
Mes parents sont Maliens de la région de Kayes. Je viens d’une famille très connue de griots. Je parle beaucoup de mes origines à mes enfants. Lorsqu’on sait d’où on vient, on sait où on va. Mes parents sont des battants. Je les aime. Ils m’ont appris à être indépendante et autonome. Ils ne sont pas allés à l’école mais m’ont encouragée dans mes études. En 2004, j’ai eu mon bac sciences médico-sociales. Ils étaient tellement fiers de moi ! Un jour, je reprendrai les études et je voudrais réaliser mon rêve, devenir infirmière.
Je suis née et j’ai grandi en France. Je suis Française ! J’aime la liberté et l’égalité. Dans le couple, je veux que l’homme m’aide, qu’il soit à mon écoute, qu’il me soutienne, qu’il me considère comme son égale. J’ai la chance d’avoir rencontré et choisi un homme qui comprend ma position et la respecte.
Avec mon mari et mes enfants, nous sommes arrivés à Noisiel en 2011. Je m’y sens bien. Au cours de ma vie, j’ai constaté que les femmes, quelles que soient leurs origines, quelle que soit leur couleur de peau, souffrent. Elles ont des difficultés communes, liées aux violences conjugales, au handicap d’un enfant, aux difficultés pour se réaliser. C’est à nous, les jeunes femmes d’aujourd’hui, de faire bouger les choses.
J’ai eu envie de créer mon association pour avancer dans mes engagements. Je suis, en particulier, une militante anti mariage forcé et contre la mutilation génitale féminine. Cela perdure. Face à des situations difficiles, il ne faut pas aller à l’affrontement mais prendre le temps, pour amener les gens à changer."

→ Retrouvez les autres témoignages du projet : ici