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Une femme, une histoire : Danawa

Cinq femmes Noisiéliennes se révèlent et se racontent au fil des mois. Retrouvez le témoignage de Danawa ici !

Portait de Danawa (mois de mars 2019)

"Mon grand-père paternel était Guadeloupéen et musicien. Mon père est rasta. Il m’a transmis une culture et des valeurs issues de l’Afrique. Il m’a sensibilisée aux questions liées à l’esclavage et aux combats des femmes noires. Je me sens proche de ces causes.
Je suis arrivée à Noisiel en 2001, j’avais six ans. J’ai fait ma scolarité à l’école de l’Allée des Bois puis au collège du Luzard. Etant petite, j’étais ce qu’on appelle un « garçon manqué ». Je mettais des baggys et je jouais au foot. J’ai dû beaucoup m’entraîner pour pouvoir être acceptée par les garçons. Il fallait que je fasse mes preuves. Vers l’âge de 12 ans, j’ai été repérée pour entrer dans une école mais je n’ai pas poursuivi.
Plus tard, lorsque j’avais 21 ans, je me suis inscrite dans un club féminin. Je ne me sentais pas vraiment à ma place parce que je n’avais jamais joué dans une équipe de filles. L’énergie était différente. Je me suis blessée au genou et j’ai arrêté.
À Noisiel, il y a des danseurs de hip-hop de renommée internationale. Lorsque j’étais au collège, je suis venue toute les semaines assister à des entraînements, juste pour regarder. J’étais très impressionnée. Au bout d’un an, MaMSoN et Jolaine de l’association Warning m’ont encouragée à participer. J’ai continué, jusqu’à aujourd’hui, à leurs côtés. La danse m’a beaucoup aidée à affronter le regard des autres, à pouvoir m’exprimer par le corps, sans parler. Ce que j’aime le plus, c’est le free style, parce que c’est le plus libre.
Quand ma grand-mère était plus jeune, elle a vécu des choses pas très roses. Elle a élevé mon père toute seule. Elle lui a transmis une certaine idée de la femme. Mon père a eu six filles et nous sommes toutes débrouillardes. Ma grand-mère nous a appris qu’il ne fallait pas attendre d’avoir un mari pour quoique ce soit.
Je pense qu’aujourd’hui, les femmes ont toujours des raisons de se battre. Il y a encore beaucoup de garçons qui sont machos dans le couple comme dans la vie quotidienne et qui se voilent la face. Pourtant, dans mes relations amicales, les rapports sont souvent égalitaires.
Le 8 mars est dédié aux droits des femmes. Tous les jours, cela devrait être un sujet de combat !"