pastille espace citoyen
site de la ville de Triel
Une femme, une histoire : Zohra

Cinq femmes Noisiéliennes se révèlent et se racontent au fil des mois. Retrouvez le témoignage de Zohra ici !

Portrait de Zohra (mois de janvier 2019)

"J’ai grandi dans une petite ville, El Khia, située entre Alger et Oran. Mon père travaillait en France. Ma mère tenait à la fois le rôle de père et de mère. Mes oncles étaient aussi très présents dans notre éducation. Nous n’avions pas le droit de parler, de dire ce que nous aimions, ce que nous n’aimions pas ou, même, ce qui pouvait nous manquer. La famille décidait de tout à notre place. En tant que fille, j’ai dû cesser d’aller à l’école dès l’âge de 12 ans.
Mon père a trouvé un appartement à Torcy et nous a fait venir. Je suis arrivée en France en 1980, à l’âge de 16 ans. Pour ramener de l’argent, j’ai cherché à faire des ménages puis j’ai été embauchée comme dame de service, à la Mairie de Torcy. J’avais hâte de me marier pour partir de la maison et faire ma vie. En Algérie, j’ai vu mon mari et il m’a plu. J’avais 17 ans. Je l’ai rejoint au pays mais, au bout de 11 mois, à cause de problèmes avec la famille, j’ai divorcé et je suis rentrée en France.
Quatre ans après, nous nous sommes remis ensemble. Avec le temps, notre relation a changé. J’ai eu la chance de rencontrer mon mari mais, aussi, je ne me suis pas laissée faire ! Maintenant, je sais dire « non ». Par exemple, pour le choix d’une voiture, mon avis compte. On paye tous les deux, alors on la choisit tous les deux !
Depuis que je suis jeune, j’aime cuisiner. J’adore inventer des plats. Un jour, j’ai pu montrer mon talent à la Ferme du Buisson. Ils m’ont aidée pour les démarches administratives. Il y a 9 ans, j’ai créé une micro entreprise. Aujourd’hui, je voudrais réaliser mon rêve de jeunesse : ouvrir un restaurant où on pourrait aller en famille. J’aimerais que ce soit à Noisiel. J’aime cette ville. J’y ai eu mes deux enfants et mon travail.
J’apprends à mes enfants à travailler à l’école pour aller loin. Il ne faut pas faire comme moi. J’adore mon boulot mais j’ai souffert pour en arriver là. Aussi, je veux l’égalité entre mon fils et ma fille. Tout ce qu’on ne m’a pas donné en tant que femme, je le donne à ma fille. Je suis libre et je veux qu’elle soit libre également. Je suis très contente de mon chemin. J’aimerais que toutes les femmes combattent comme je l’ai fait. Aujourd’hui, je récupère la jeunesse que je n’ai pas pu avoir. Tout ce qui me passe par la tête, je le fais, parce que je suis libre."

→ Retrouvez les autres témoignages du projet : ici