 La ville nouvelle
La croissance économique et démographique des années
60 s'est traduite par un développement rapide de Paris
et de sa banlieue. Afin d'éviter un développement
anarchique, Paul Delouvrier, délégué général
au district, présente en 1965 un schéma directeur
d'aménagement et d'urbanisme de la région parisienne.
Au départ au nombre de huit, les villes nouvelles en Ile
de France sont réduites à cinq en 1969 : Melun-Sénart,
Evry, Saint-Quentin en Yvelines, Marne-la-Vallée et Cergy-Pontoise.
Ces villes nouvelles ont pour mission de désengorger Paris
et sa proche banlieue, développer le logement, l'emploi
et les équipements dans un cadre de vie agréable
et une architecture moderne.
Le directeur de la mission d'étude de Marne-la-Vallée,
Pierre Carle s'installe au petit château de Noisiel en 1970
qui héberge toujours aujourd'hui les services de l'établissement
public d'aménagement.
Les communes conservent l'intégralité de leur
territoire et se regroupent dans un syndicat communautaire d'aménagement
en 1972. Le maire de Noisiel, Louis Guilbert, s'est fait le
fervent défenseur de l'indépendance communale
contre un grand conseil urbain qui engloutirait la personnalité
de la ville.
Aujourd'hui, Marne-la-Vallée comprend 26
communes réparties en 4 secteurs. Le secteur
II, le Val-Maubuée est composé de
6 communes : Champs-sur-Marne, Croissy-Beaubourg,
Émerainville,
Lognes,
Noisiel, Torcy.
Le Syndicat d'agglomération nouvelle (San)
où elles sont regroupées gère
l'aménagement du territoire, en particulier
dans les domaine de l'urbanisme, des transports
et du logement, et certains équipements d'intérêts
communaux.
Le schéma directeur du Val-Maubuée a été
conçu par Bernard Lassus en s'inscrivant dans un contexte
général d'urbanisation. Le Val-Maubuée
est un espace où se mêlent des couleurs variées,
des formes et des matières originales. Une fois les grandes
lignes tracées, d'autres architectes sont venus apportés
au fil des années leur sensibilité personnelle.
Les nouvelles constructions ont été intégrées
aux sites existants. Chaque quartier comprend des éléments
propres permettant son identification afin d'éviter un
vaste ensemble monocorde. La combinaison de quatre éléments
différents: matière, lumière, végétaux
et couleurs a servi de trame de base. Un jeu de relation et
de hiérarchie a permis à chacun d'avoir ses particularités
et sa dominante propre.
Les voies de circulation se caractérisent par une rupture
dans le tracé, des bordures, des éclairages et
une végétation utilisés comme décor
qui donnent à ses axes une dimension humaine, rejetant
le fonctionnalisme.
Les premières constructions sont réalisées
à proximité des centres déjà existants
(Remise-aux-Fraises et Deux-Parcs 1974-79). Une zone d'activité
est intégrée à une zone d'habitat (1979-1992
Front Populaire). Les quartiers du Bois-de-la-Grange, du Bois-de-la-Maillière
et des Tilleuls sont créés en 1980.
De 1984 à 1986, Le quartier du Luzard, notamment, est
achevé autour de la station du RER A.
Dès les années 70, des architectes de renom sont
venus apporter leur sensibilité dans la conception de
certains bâtiments publics. Noisiel est ainsi représentative
de la création architecturale de la fin du XXe siècle.
L'École nationale du Trésor de Bernard de la Tour
d'Auvergne est constituée de briques, de verre et de
métal de couleur bronze. Situé en un point clé
de la ville, elle assure la transition entre la ville et la
forêt. La brique et la vitre se rencontrent également
à l'Ecole technique de la RATP et au lycée René-Cassin.
Le centre omnisport du Luzard conçu par Jean Nouvel est
avant tout comme un lieu public qui doit favoriser les rencontres,
un espace de loisirs et de pratiques spontanées. Ici
encore, le verre occupe une très large place.
Autre originalité de l'environnement des Noisiéliens
: le château d'eau des quatre pavés de Christian
de Portzamparc et les châteaux d'eau des Totems sont des
repères monumentaux qui se dressent aux deux points de
la ville.
 Quartiers de la ville nouvelle
La Ferme du Buisson
Ce quartier est un des premiers quartiers d'architecture contemporaine
construits sur la commune autour du pôle de la Ferme du
Buisson entre 1973 et 1975. Il comprend 700 logements, une école,
un petit centre de commerces et des bâtiments publics. L'espace
est réparti autour du cours du Buisson qui donne à
l'ensemble une ossature solide. L'ancienne ferme de la famille
Menier réhabilitée en Centre d'art contemporain
est le pôle d'attraction de ce quartier.
Tous les toits sont inclinés et l'harmonie générale
est dominée par un jeu de couleurs originales violet
et vert-bleu.
L'école à l'entrée du quartier constitue
également une autre originalité. De forme circulaire
évoquant une fleur (vue du ciel), elle s'ordonne autour
d'un patio servant de cour de récréation, les classes
entourant la cour.
La Remise-aux-fraises
Le second programme de la ville nouvelle consiste en un ensemble
de pavillons en accession à la propriété,
construits à proximité des centres existants, à
mi-chemin entre la cité ouvrière et le quartier
de la Ferme-du-Buisson, entre 1974 et 1979. Le lotissement se
compose de maisons basses, disposées en allées ou
villas portant toutes des noms de peintres et se déployant
de part et d'autre de la Grande allée des Impressionnistes.
Les Deux-Parcs
La fin des années soixante-dix voit également la construction des Deux-Parcs. Si la plupart des nouveaux quartiers de Noisiel conservent les noms indiqués sur les anciens plans cadastraux du XVIIIe siècle (Pièce-aux-Chats, Remise-aux-Fraises, Luzard, Bois-de-la-Grange), ce quartier doit son nom à sa position géographique, à cheval sur les deux communes de Champs-sur-Marne et Noisiel, et situé à proximité immédiate de leurs parcs respectifs.
Les immeubles sont disposés le long de rues dont les noms évoquent le monde de la chasse et de la forêt. La principale curiosité architecturale est la Tour des jeunes mariées (ou Tour verte), élevée en 1977. L'unique tour de Noisiel est en effet la petite sœur de la Tour bleue de Cergy-Pontoise, modèle expérimental de logements dont l'espace intérieur est rond. Elle a perdu sa couleur verte au profit de trois tons de beiges lors d'un ravalement en 1997.
Le Bois-de-la-Grange
La multiplicité des promoteurs et architectes ayant travaillé
sur ce programme entre 1975 et 1977 a permis une diversité
dans les modes de construction et le type d'habitat proposé,
individuel et collectif. Bâtiments HLM assez classiques,
petits immeubles en terrasses et pavillons en rez-de-jardin s'échelonnent
progressivement de la ville vers le bois. La rue du Bois-de-la-Grange
sillonne au cur du quartier dont elle forme l'épine
dorsale à laquelle se raccroche allées et hameaux
en cul-de-sac.
Le Front-Populaire
Ce programme, mené entre 1979 et 1982, consiste en pavillons
dans la partie Est, et d'immeubles dans la partie Ouest. Le groupe
scolaire des Totems est ouvert dès 1983. Une zone d'activité
sera ensuite ajoutée entre 1986 et 1992, limitée
aux entreprises du secteur tertiaire afin d'éviter toutes
nuisances pour les riverains. La place du Front-Populaire fait
aujourd'hui l'objet de travaux de rénovation, notamment
avec le chantier d'aménagement de la
Maison de l'enfance et de la famille.
Le Luzard
De 1984 à 1986, le quartier du Luzard est aménagé
autour de la station du RER A. La rue, les commerces et les habitations
sont conçus selon une conception classique de la ville
et donc différente des conceptions novatrices des villes
nouvelles.
Les derniers aménagements du quartier ont eu lieu entre
2000 et 2004 : aménagement d'une esplanade constituée
de cheminements pour piétons et d'un lieu d'animation avec
l'intégration d'un kiosque à musique, construction
d'une Halle de sports, transformation de la place de l'Horloge.
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